Une ancienne villa romaine des environs de Ruscino - antique ville ibéro-ligure et cité latine, aujourd'hui Castell-Rossello (Château-Roussillon) - est sans doute à l'origine de Perpignan, dont la plus ancienne mention (ville Perpinianum) remonte toutefois seulement à l'an 927.
Tandis que le siège de l'évêchés, créé vers 550, était fixé à Elne (Helena), les comtes de Roussillon, en s'établissant à Perpiny à dans les dernières années du Xème siècle, en firent la capitale politique du comté, qui ne comprenait guère alors que la plaine côtière, de l'Albère aux Corbières.
Tout le reste de l'actuel département des Pyrénées-Orientales (Cerdagne, Capcir, Conflent, Fenollèdes, Haut-Roussillon et Vallespir) relevait alors de la Maison de Cerdagne-Besalu, issue de la même souche que les comtes de Barcelone. Ceux-ci, qui avaient recueilli dès 1111 et 1117 l'héritage de leurs parents de Cerdagne-Besalu et acquis, par mariage, le royaume d'Aragon (1150), se virent léguer enfin le comté de Roussillon, en 1172, par le testament du comte Gérard II.
Le Traité de Corbeil (1258), par lequel Saint-Louis renonçait en faveur de roi d'Aragon, Jacques 1er le Conquérant, à tous les droits de souveraineté théoriques qu'il détenait -depuis Charlemagne - sur le Roussillon et les comtés de l'ancienne Marche d'Espagne ou " Vieille Catalogne ", consacra pour des siècles l'appartenance de Perpignan et du Roussillon au royaume catalan-aragonais.
La ville de Perpignan connut sa période la plus brillante durant les 68 années (1276-1344) où elle devint la capitale continentale du nouveau "royaume de Majorque", institué par Jacques le Conquérant pour l'Infant Jacques, son fils cadet, et comprenant, outre les Iles Baléares, le Roussillon, la Cerdagne et la seigneurie de Montpellier.
C'est alors que fut élevé le Château Royal de Perpignan, où résidèrent successivement Jacques 1er (1276-1311), Sanche (1311-1324) et Jacques II (1324-1344), rois de ce composite et éphémère royaume de Majorque, qui demeura toujours en butte au mauvais vouloir de la branche aînée d'Aragon Barcelone et auquel mit fin par la force, en 1344, Pierre II le Cérémonieux.
Durant cette période, Perpignan n'en connut pas moins un essor commercial et industriel considérable, à la manière des républiques urbaines d'Italie, grâce à son rôle politique, à sa structure consulaire et corporative, à son active population de parayres (pareurs de drap), teinturiers, tanneurs, brodeurs et à ses ateliers d'orfèvres, peintres et sculpteurs.
Occupée par Louis XI en 1463, Perpignan qui s'était soulevée contre les Français en 1473, fut reprise en 1474, après un siège terrible qui lui valut de se voir décerner par les rois d'Aragon le titre de " Fidélissime Ville ".
La répression fut dure, mais, en 1493 Charles VIII, désireux d'avoir les mains libres en Italie, restitua le Roussillon et la Cerdagne aux Rois Catholiques qui, réunissant par leur mariage l'Aragon et Castille, venaient, par la conquête de la Grenade, de réaliser l'unité de l'Espagne.
Cependant, la rivalité Franco-Espagnole et les conflits qui suivirent devaient entraîner la décadence économique de Perpignan, dotée par Philippe II de puissantes fortifications.
A la suite de la révolte catalane de 1640, au cours de laquelle les Catalans, insurgés contre le gouvernement de Madrid, proclamèrent Louis XIII Comte de Barcelone, Perpignan, défendue par une garnison italo-castillane, connut à nouveau un siège mémorable, auquel participèrent en personne Louis XIII et le Cardinal de Richelieu.
Le 9 septembre 1642, les Français et leurs alliés catalans entraient dans Perpignan, accueillis avec soulagement par une population affamée et en grande partie hostile à ses maîtres castillans.
Mais le traité des Pyrénées, conclu en 1659-1660, annexant à la France, le Roussillon et une partie de la Cerdagne et abandonnant la Catalogne, consacrait l'échec de la révolte barcelonais et fut durement ressenti par les Catalans.
Les gigantesques travaux de Vauban devaient faire de Perpignan une Cité désormais imprenable, et pourtant, il ne reste à peu près rien, aujourd'hui, de l'œuvre du grand ingénieur.
Les nécessités de son expansion amenèrent la ville à faire éclater, autour des années 1900, la ceinture de remparts qui l'enserrait, mais il est certain que cette démolition ne s'est pas toujours faite avec le discernement souhaitable.
Depuis, la ville neuve s'est considérablement agrandie et comprend une série de belles places et d'avenues ombragées de platanes, de mimosas et de palmiers. Elle garde, néanmoins, une couleur toute méridionale qui lui donne l'aspect d'une cité de plaisance au séjour agréable et animé.